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ADJILÉ GBINDOUN
EIJI SUZUE

8 janvier - 14 février 2026
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Adjilé Gbindoun

« Pas de texte, tout a été dit sur mon travail.

C’est devenu une nécessité, je n’ai pas eu le choix.

“Lettre à ma mère” c’est une formule de protection, c’est une formule de lien aussi.
C’est l’attachement que vous le vouliez ou non à votre mère.

C’est devenu une réalité pour moi.

Aussi j’ai mis tout ce que je connaissais de la philosophie, et j’ai osé parler de cette philosophie qui m’aide à vivre dans ma vie de tous les jours, en tant que femme, artiste et africaine. C’est la philosophie bouddhiste que j’ai beaucoup pratiquée, tandis que j’étudie maintenant le christianisme. Le bouddhisme autorise tout parce qu’il me permet d’être en colère. Ce n’est pas honteux d’être courroucée.

Alors il y a cette protection au milieu de nous deux et en même temps ça m’aide à lui parler, à parler à ma mère. Ce n’est pas un retour aux sources, c’est une lettre car je tiens à ces mots-là. C’est la source de la mère mais ce n’est pas la source de l’Afrique, c’est trop grand pour moi, je ne connais pas assez. Je ne peux pas prétendre ça, je ne connais pas très bien les artistes de ce continent. Les écrivains africains j’en connais très peu, Senghor et Aimé Césaire, voilà, ainsi que Toni Morrison qui se revendique également africaine me semble-t-il.

Cette œuvre, c’est un moment charnière pour moi, c’est un moment où j’étais moi-même. J’ai fait un autre portrait de ma mère. Ce portrait est magnifique. Bien sûr c’est le labyrinthe, c’est l’existence, mais c’est un portrait, un portrait de ma mère en écriture automatique et scarifications.

Il y a plusieurs morceaux parce qu’on peut les enlever. Si la personne veut, on peut tout détruire. Parce que j’ai beaucoup détruit aussi. Alors maintenant je n’ai plus envie de détruire ces œuvres. Donc tout tient par des fils qui sont invisibles, presque. C’est le souffle, ce sont des prières.

Dans le bouddhisme, c’est des mantras qui volent au vent. La texture du drap est très souple et très vivante. C’est pas figé. Alors que tout est pris par des fils et des aiguilles mais il y a du mouvement à l’intérieur.

C’est un travail qui est très important pour moi. C’est une parole de vie. »

Paroles d'Adjilé Gbindoun: “Lettre à ma mère” (transcription d’un entretien téléphonique)

Eiji Suzue

Sur les photos, il est impossible de reproduire le mouvement du regard qui s'intègre dans une perspective spéciale de la règle d'or (qui n'est pas une perspective avec un point de fuite, telle qu'on la conçoit habituellement), y compris le trait du pinceau.

Dans mes tableaux en particulier, le regard ne compose pas une image sur une surface plane (dans la peinture traditionnelle, le regard se pose sur une relation horizontale avec le plan créant une illusion d'optique, souvent dans un but psychologique), mais il est guidé vers l'arrière de la toile (dans une direction perpendiculaire à la toile) où il est retenu et amplifié à l'infini, et c'est cette richesse de l'expérience qui est le sujet.

Lorsque je regarde mes œuvres, mon regard traverse leur surface et s'envole loin, sans intersection, vers le néant, à la recherche d'une plénitude totale, la conscience antérieure à toute image.

(Extrait de correspondance e-mail)

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VUES DE L'EXPOSITION

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