Olga Theuriet

une exposition quelconque

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Une exposition de la Revue Un Rectangle Quelconque

"une exposition quelconque"

Présentation de trois œuvres visuelles, tirées en risographie,

et ayant été publiées dans la revue.

(Publication d'un catalogue)

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Hommage du compositeur Christophe Petchanatz sur la pièce Monotonie 5, Two notes pour Olga Theuriet de son album The simplest model  (label Hamfuggi Records).

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Artistes plurielles

Musée de Bourgoin Jallieu
Bourgoin-Jallieu, Isère, France

3 décembre 2021 - 30 avril 2022

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© Olga Theuriet, capture d’écran,  vidéo FARE CON NIENTE, 2021

L'installation Ni fleur, ni bouquet (2021, cat. 84) est issue d’une résidence artistique hors les murs de La Non-Maison* à Venise, intitulée Fare con niente (faire avec rien). Une expérience de fabrication de dentelle avec un fil de lin glacé, des crochets non spécifiques à la dentelle. Ce projet se présente sous la forme d'un ensemble documentaire, de films (réalisés à partir d'un appareil photo numérique et d'un smartphone) assez bruts et journaliers, d'un carnet à spirale, de courriels archivés, d'un petit col de dentelle qui vint la surprendre au cours de son séjour dans la cité des Doges. Tout s'inscrit dans la « discrétion », la minceur, le silence, dans la compagnie émerveillée d'un instant. Il s'agit de beaucoup plus que de l'événement de faire de la dentelle pendant dix jours. L'espace où elle se déploie, le vide qui lui sert de lieu. Elle se retire dans la manifestation de son œuvre, non pas cachée, mais bien dans la présence réelle, scintillante, calme et mesurée de l'expérience du corps et de la trame de son intériorité. Olga Theuriet dit : « Le geste des mains m’apparaît seulement comme un prétexte dont l’utilité est de m’exercer à une réalisation que je ne connaissais pas avant ce séjour, laisser faire et penser les mains, leur offrir ce minimum de pratique qui exerce la précision, un beau prétexte en ce sens. ». Cadrage serré, sens du hors-champ, brouillage, images vacillantes qui sont plein de promesses. Au seuil de l'être, attentive à ses mouvements, à l'espace des possibles, le corps comme partenaire, elle dit ce qu'elle fait, ce qu'elle voit. Elle pousse les mots vers les choses. Très attachée au langage, à l'écriture, chaque mot à sa place et son sens. L'art est à côté du langage, il est traversé par lui et montre l'inconnu ; l'inconnaissable. Olga Theuriet a cette exigence tenace de la pensée, la pensée qui arrive après qu'un geste a eu lieu. Penser est « écrire sans accessoire » écrivait Mallarmé. Cela lui va bien. Olga Theuriet reprend inlassablement la question du sens et de ses conditions d'émergence, plus spécialement ce qui n'a pas de nom et dont on ne se sert plus, ainsi le tablier, le mouchoir, le linge de maison, les morceaux de chiffons, les draps usagés, mais aussi les journaux, les enveloppes et le papier, « la peau fragile du monde » disait Jean-Luc Nancy, comme une surface de rencontre. C'est une texture à déchiffrer, un message ou une mémoire à réécrire. À Venise, où elle ne s'était jamais rendue, c'est encore fabriquer un tissu sans matérialité, comme une sorte de veille et d'endurance. Dans cette « posture » la dentelle passe par un souffle, une inspiration où les doigts se mettent à battre des ailes.

Elisabeth Chambon, extrait de son texte « Qu’est-ce qui / DORT NOIR AU CŒUR DE MES DENTELLES » (— Charlotte Calmis) dans le catalogue de l'exposition.

* La Non-Maison, centre d'art, Paris, directrice Michèle Cohen