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MICHEL BERNHEIM

Michel Bernheim

Passer / s’arrêter. Tortue

Turtle salon, salon anarchique pourraient bien être deux oxymores des plus improbables, une vive lenteur ou un destin connu, voire plus. Mais voilà que la tortue, maison sur son dos, à pas lent, sans trop de projets pour son lendemain, résistante active, mais sans trop, a pu continuer son chemin chez Arnaud Lefebvre son chemin initié par Michael Shamberg et relayé ici par Julian Mereuta. Bicéphale exposition, comme une tortue Janus, entre deux lieux, de tant de différents artistes montrés, assumée dans l’ombre de l’exergue d’un film dédié à Walter Benjamin en abîme de la destruction du monde. Convocation attentive, pleine de sens et d’amitié pour l’œuvre, l’art, de vivre sans doute.

Ainsi trouvait on ici les exclusives de la consommation ou une tentative d’un commerce qui a défaut de marquer un désintérêt a pu montrer son amabilité, son soucis de l’autre, l’artiste, le spectateur, le marchant, pérégrinant au risque de se perdre ou de ne pas avancer. La responsabilité de chacun, livré à son existence, le souci du bien montré pour ne pas péjorer mais bien ex-poser vraiment, dans une multitude d’items qui vont de la musique au film en passant par le dessin, la peinture aux plus diverses matières, du texte aux parfums, font de ce chaos apparent le possible champ de notre investissement. Investissement anarchique, si l’on veut ainsi, qui montre ce en quoi l’existence d’œuvres ou la nôtre nous émeut, nous met en mouvement dans un sens ou l’autre que nous y mettrions de notre propre chef.

Alors et face à cette multitude foisonnante peut-être même en chemin vers sa propre déperdition, la recherche de sens, l’accomplissement de nos mêmes sens, dans une multitude renouvelée a pu faire salon. Ont pu ici se rencontrer une recherche aimable mais fidèle comme à un rendez-vous avec soi-même le temps d’une liberté éprouvée.  Echapper à la consommation forcée et voir dans chaque œuvre la vérité momentanée d’une existence en jeu, voilà qui à défaut d’enchanter un monde de façon artificielle aura, éphéméride, permis de retrouver du sens à l’œuvre comme la pérégrination de l’existence peut en ces rares moments nous l’offrir encore.

La modernité débouche ainsi peu à peu chez Michael Shamberg et Arnaud Lefebvre un temps donné vers un possible envisagement qui ne serait pas la destruction nécessaire du monde mais bien un ange nouveau, réel, imaginaire enfin concret, possible.

 

Michel Bernheim

Pass / stop. Turtle

Turtle salon, an anarchic salon, could be the most unbelievable of any oxymoron, a speedy slowness or a known destiny, or even more. But so and so the tortoise, house on her back, without much idea about tomorrow, actively resisting, but not too much, could eventually by Arnaud Lefebvre go further on its way, initiated by Michael H Shamberg and transmitted here by Julian Mereuta. Double-headed exhibition like a Janus tortoise, between two places, of so much different exhibited artists, assumed in the shadow of a film dedicated to Walter Benjamin, in contrast of the destruction of the world. Careful call, meaningful and full of care for the making, the art, of living without any doubt.

So could we find here the exclusions of consumerism or an attempt to deal, if not with an empty disinterest, at least with an attentive attempt of friendship, of the fellow, the artist, the spectator, the marching merchant, sauntering at the risk to be lost or not going forward. Everyone’s responsibility, the commitment to one’s existence, the worrying to show well, not to depreciate, but toward a meaningful ex-position, in a multitude of items, from music to films through drawing, painting with so much diverse materials, from text to perfumes, make of this apparent chaos, the field for a possible investment. Investment, anarchic if so is wanted, displaying how the existence of works, acts, facts, or of our own, moves us, move to one sense or another that we could consciously set.

So, and in the face of this burgeoning multitude, perhaps toward its own lost, the search of meaning, accomplishment of our own senses, in a renewing multiplicity could make a salon, a centre of kind attention. Could be meeting here a pleasant but reliable research like a meeting with ourselves for the time of an experienced liberty. To escape from a forced consumption and see in each work a timely momentary but momentous truth of an existence into play, that allows, for lack can of enchanting artificially the world again, to find, ephemeris, some sense in the work as the walk of existence still offer in these rare moments. The modernity step by step opens then by Michael H Shamberg and Arnaud Lefebvre at this given time a possible face that wouldn’t be a necessary destruction of the world but the new angel, real, at last concrete, possible imaginary.

 

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